Introduction
Un mauvais locataire peut te coûter des milliers de dollars en loyers impayés, en dommages et en démarches au TAL. La bonne nouvelle : une sélection rigoureuse réduit ce risque de façon spectaculaire. Voici la méthode complète pour choisir tes locataires à Québec, avec les vérifications essentielles, le cadre légal québécois à respecter et les signaux d'alarme à reconnaître avant de signer un bail.

Demande à n'importe quel propriétaire d'immeuble à revenus à Québec ce qui le garde éveillé la nuit, et la réponse revient presque toujours à la même chose : tomber sur un mauvais locataire. Loyers impayés pendant six mois, dommages au logement, plaintes des voisins, démarches interminables au Tribunal administratif du logement (TAL)… un seul mauvais choix peut effacer une année complète de profits sur ton immeuble.
La bonne nouvelle? La sélection des locataires est la seule étape où tu as un contrôle quasi total sur ton risque. Une fois le bail signé, tu es lié par la loi québécoise — qui protège fortement le locataire. Avant la signature, tu décides. C'est ton meilleur outil de gestion de risque, et c'est aussi celui que la majorité des propriétaires sous-utilisent.
Ce guide te donne la méthode complète qu'on applique chez Pro Actif Gestion Immobilière pour qualifier les candidats, les bonnes vérifications à faire, le cadre légal québécois à respecter et les signaux d'alarme qui doivent te faire reculer.
Pourquoi la sélection des locataires est ta meilleure assurance
Au Québec, une fois un bail signé, le rapport de force change complètement. Le TAL donne en moyenne plusieurs mois avant qu'une décision d'éviction ne soit rendue dans un dossier de non-paiement, et même là, l'exécution prend du temps. Pendant ce temps, ton logement génère zéro revenu, mais tes paiements hypothécaires, taxes et assurances continuent.
Concrètement, un mauvais locataire à Québec peut facilement te coûter entre 6 000 $ et 15 000 $ entre les loyers perdus, les frais juridiques, les dommages au logement et la remise en état avant de relouer. Comparé aux 30 minutes que prend une vérification de crédit sérieuse, le calcul est vite fait.
Une sélection rigoureuse, ce n'est pas de la paranoïa. C'est de la gestion immobilière professionnelle.
Étape 1 — La pré-qualification dès le premier contact
La sélection commence avant même la visite. Quand un candidat te contacte par Marketplace, Kijiji ou ton site, tu peux déjà éliminer 30 à 40 % des dossiers non viables avec quelques questions simples :
- Quelle est la date d'occupation souhaitée?
- Combien de personnes occuperaient le logement?
- Est-ce qu'il y a des animaux?
- Es-tu en emploi actuellement, et depuis combien de temps?
- Pourquoi déménages-tu?
Ces questions sont parfaitement légales — elles touchent à la capacité du candidat à respecter le bail, pas à des caractéristiques personnelles protégées. La réponse à « pourquoi tu déménages » est particulièrement révélatrice. Un candidat qui hésite, qui change de version ou qui parle en mal de son ancien propriétaire mérite une attention redoublée par la suite.
Étape 2 — Le formulaire de demande de location
Avant la visite ou tout de suite après, fais remplir un formulaire de demande de location en bonne et due forme. C'est ton document de référence pour toutes les vérifications qui suivent. Il devrait recueillir :
- Identité complète et date de naissance
- Adresse actuelle et deux adresses précédentes (avec coordonnées des propriétaires)
- Employeur actuel, poste, ancienneté et revenu annuel
- Coordonnées de deux références personnelles ou professionnelles
- Autorisation écrite et signée pour la vérification de crédit et des références
Cette autorisation signée est essentielle : sans elle, tu ne peux pas légalement faire d'enquête de crédit au Québec. Conserve-la dans ton dossier.
Étape 3 — La vérification de crédit, l'outil le plus puissant
L'enquête de crédit est, sans contredit, ta meilleure source d'information objective. Elle te révèle en quelques minutes des choses que le candidat ne te dira jamais : retards de paiement chroniques, comptes en collection, faillites, jugements antérieurs.
Au Québec, les deux principales agences sont Equifax et TransUnion. Tu peux y accéder directement avec un compte d'entreprise, ou passer par des services de vérification spécialisés en immobilier locatif comme Liaison-Crédit, OmniLogis ou des plateformes comme Naborly. Compte entre 15 $ et 35 $ par enquête — un investissement dérisoire.
Ce que tu cherches dans le rapport :
- Score de crédit : 680+ est rassurant, 600-680 mérite des questions, sous 600 c'est un drapeau rouge sérieux
- Comptes en collection : surtout liés au logement (Hydro-Québec, télécoms, anciens loyers)
- Ratio d'endettement : si la majorité du revenu sert déjà à rembourser des dettes, ton loyer passera après
- Stabilité : combien de comptes ouverts récemment, fréquence des changements d'adresse
Un mauvais score n'est pas automatiquement éliminatoire — un jeune travailleur ou un nouvel arrivant peut avoir peu d'historique sans être un mauvais payeur. Mais ça change la conversation : tu peux demander un endosseur, un dépôt en garantie de paiement par chèques postdatés ou un cosignataire.
Étape 4 — Valider les références (étape souvent bâclée)
Beaucoup de propriétaires demandent les références mais ne les appellent jamais. C'est une erreur. Appelle toujours l'ancien propriétaire — pas le propriétaire actuel, qui pourrait être motivé à se débarrasser d'un mauvais locataire en te le refilant.
Questions à poser à l'ancien propriétaire :
- Le loyer était-il payé à temps?
- Combien de temps a duré le bail?
- Le logement a-t-il été remis dans le même état qu'à l'arrivée?
- Y a-t-il eu des plaintes des voisins?
- Est-ce que tu lui louerais à nouveau?
Cette dernière question, posée directement, donne souvent la réponse la plus honnête. Une hésitation au bout du fil en dit long.
Pour l'employeur, un appel suffit pour confirmer le poste, l'ancienneté et le revenu déclaré. Méfie-toi des numéros de téléphone qui sonnent dans le vide ou des « employeurs » qui répondent comme s'ils attendaient ton appel.
Ce que la loi québécoise t'interdit de demander
La Charte des droits et libertés de la personne du Québec protège les candidats locataires contre la discrimination. La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) intervient activement dans ces dossiers, et les amendes peuvent atteindre plusieurs milliers de dollars.
Tu ne peux pas refuser un candidat — ni lui demander cette information — sur la base de :
- L'origine ethnique, la race ou la couleur de peau
- La religion
- L'orientation sexuelle ou l'identité de genre
- L'état civil (marié, célibataire, etc.)
- La grossesse ou la présence d'enfants
- L'âge (sauf cas spécifiques)
- La condition sociale (être prestataire d'aide sociale ne peut pas, à lui seul, être un motif de refus)
- Un handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier un handicap (chien-guide, fauteuil roulant, etc.)
Tu peux par contre — et tu dois — évaluer la capacité de payer et le comportement locatif passé. La frontière est claire : tu juges le dossier financier et l'historique, pas la personne.
Petite mise en garde importante : depuis quelques années, plusieurs propriétaires ont été condamnés par la CDPDJ pour des refus mal documentés. Si tu refuses un candidat, garde toujours une trace écrite des raisons objectives (score de crédit insuffisant, mauvaises références, ratio loyer/revenu trop élevé). Cette documentation est ta meilleure protection.
Les 7 signaux d'alarme à reconnaître
Au-delà des chiffres, il y a des comportements qui doivent te faire reculer, peu importe le dossier :
- Pression pour signer rapidement sans laisser le temps de faire les vérifications
- Offre de payer plusieurs mois d'avance en argent comptant — souvent un signe que la personne sait qu'elle ne passera pas une enquête de crédit
- Versions changeantes sur l'emploi, la raison du déménagement ou les occupants
- Refus de remplir le formulaire complet ou de signer l'autorisation de vérification
- Anciens propriétaires injoignables ou références qui répondent de façon vague
- Demande de payer en argent comptant sans reçu
- Hostilité ou négociation agressive sur les règles de l'immeuble dès la visite
Ton intuition compte. Si quelque chose cloche sans que tu puisses mettre le doigt dessus, il y a souvent une raison.
Quand confier la sélection à un gestionnaire immobilier
Sélectionner correctement un locataire prend en moyenne 4 à 8 heures de travail par dossier sérieux : annonces, appels de pré-qualification, visites, vérifications de crédit, appels aux références, analyse du dossier. Pour un propriétaire qui possède un seul triplex, ça reste gérable. Pour quelqu'un qui détient 10, 20 ou 50 portes à Québec et Lévis, ça devient un emploi à temps plein.
C'est exactement à cette étape que Pro Actif Gestion Immobilière apporte le plus de valeur. On gère le processus complet : annonces multi-plateformes, pré-qualification téléphonique, visites, vérifications de crédit avec nos comptes Equifax, validation des références, analyse du dossier et recommandation. Tu reçois un dossier complet avec notre recommandation, et c'est toi qui prends la décision finale — sans avoir passé tes soirées à courir après les références.
Pour aller plus loin sur le processus de location, jette un œil à notre guide pour bien louer ton appartement à Québec et comment mettre ton logement en valeur pour attirer les bons profils dès le départ.
En résumé
La sélection rigoureuse des locataires, c'est le moment où tu as le plus de pouvoir sur la rentabilité de ton immeuble. Une heure de vérifications bien faites peut t'épargner des mois de cauchemar. À Québec, dans un marché tendu où les candidats sont nombreux, tu n'as plus aucune raison de te précipiter sur le premier dossier qui arrive.
Documente toujours ta démarche, applique les mêmes critères objectifs à tous les candidats, respecte le cadre de la Charte québécoise — et fais confiance à ton processus.
Conclusion
Une sélection rigoureuse, c'est ta meilleure assurance. Une heure de vérifications épargne souvent des mois de problèmes.
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