Nouvelle méthode de calcul d'augmentation de loyer 2026 au Québec : le guide complet pour propriétaires

Nicolas Bélanger
May 14, 2026
5 min read

Introduction

Le 1er janvier 2026, la plus grande réforme des règles d'augmentation de loyer depuis 1981 est entrée en vigueur. 13 composantes deviennent 4. Voici ce que ça change vraiment pour vous, propriétaire à Québec, avec un exemple concret de calcul sur un triplex à Limoilou et les trois erreurs que nous voyons le plus souvent en gestion.

Calcul d'augmentation de loyer selon la nouvelle méthode TAL 2026

Le 1er janvier 2026 marque le plus grand changement dans le calcul des hausses de loyer au Québec depuis 1981. Après 40 ans sans révision majeure, le gouvernement a réduit les 13 composantes de l'ancien calcul à seulement 4. Pour les propriétaires, c'est une excellente nouvelle en théorie — plus simple, plus prévisible, plus facile à expliquer à un locataire.

En pratique, après quelques mois d'application, on constate déjà que les propriétaires qui maîtrisent bien la nouvelle méthode obtiennent des hausses plus solides et beaucoup moins contestées. Ceux qui improvisent se font refuser leurs avis ou laissent de l'argent sur la table.

Voici, du point de vue d'une équipe de gestion qui applique cette méthode chaque jour à Québec et Lévis depuis son entrée en vigueur, exactement ce que vous devez savoir, comment l'appliquer correctement, et les erreurs concrètes qu'on voit le plus souvent sur le terrain.

Ce qui change concrètement le 1er janvier 2026

La réforme touche trois choses en même temps : la méthode de calcul, le formulaire de bail et la possibilité du bail électronique.

Sur le calcul, le Tribunal administratif du logement (TAL) a fixé le taux de base à 3,1 % pour les baux qui commencent entre le 2 avril 2026 et le 1er avril 2027. Important à retenir : ce 3,1 % n'est pas un plafond. C'est la part liée à l'inflation. Selon votre immeuble, vos taxes, vos assurances et vos travaux, l'augmentation justifiable peut être plus élevée — ou plus basse.

À titre de comparaison, le taux de base était de 4,5 % en 2025 et l'ancien calcul, sous la pression inflationniste, avait mené à une recommandation record de 5,9 % qui avait marqué les esprits. La nouvelle méthode est conçue pour lisser ce genre de variation extrême en utilisant une moyenne sur trois ans plutôt que l'année précédente seulement.

Les 4 composantes du nouveau calcul, expliquées simplement

Le calcul repose désormais sur quatre éléments. Pour chaque immeuble, vous additionnez ce qui s'applique. Voici comment on les utilise dans nos dossiers.

1. Le taux de base (3,1 % pour 2026)

C'est la part liée à l'évolution moyenne de l'Indice des prix à la consommation (IPC) du Québec, calculée sur trois ans plutôt que sur la seule année précédente. Cette moyenne mobile est l'élément qui change le plus la dynamique : elle réduit les pics, mais elle empêche aussi de bénéficier rapidement d'une année très inflationniste. C'est le plancher de votre calcul.

2. La part "taxes" qui dépasse l'inflation

Si vos taxes municipales et scolaires ont augmenté plus vite que l'inflation, vous pouvez récupérer la portion excédentaire. Sur le terrain à Québec en 2026, cette composante est souvent positive : la facture de taxes a été limitée à 1,9 % en moyenne dans la Ville de Québec, mais certains arrondissements ont vu des hausses de 2,8 à 3 %, et les rôles d'évaluation triennaux ont créé d'importantes disparités d'une rue à l'autre. Sortez vos comptes de taxes 2025 et 2026 avant de calculer.

3. La part "assurances" qui dépasse l'inflation

Même logique pour les primes d'assurance habitation et responsabilité. Si votre courtier vous a refilé une hausse de 8 ou 10 %, l'écart par rapport à l'IPC peut être récupéré. C'est souvent négligé : on voit des propriétaires qui calculent uniquement le 3,1 % et oublient cette composante alors que leurs primes ont bondi.

4. Les travaux majeurs : 5 % sur 20 ans

C'est probablement le changement le plus stratégique pour les propriétaires actifs. Les dépenses en immobilisations admissibles (toiture, fenêtres, balcons, système de chauffage, rénovations structurelles) peuvent maintenant être récupérées à hauteur de 5 % par année pendant 20 ans. C'est un mécanisme prévisible, contrairement à l'ancien système où la récupération dépendait de calculs financiers complexes. Pour un propriétaire qui investit régulièrement dans l'entretien, c'est très favorable.

Le piège que beaucoup de propriétaires ratent : la date de l'avis, pas la date du bail

C'est l'erreur n° 1 qu'on voit en ce moment. Tous les propriétaires pensent que la nouvelle méthode s'applique automatiquement à tous les baux renouvelés en 2026.

Faux. Ce qui détermine la méthode applicable, c'est la date à laquelle vous avez envoyé l'avis de modification, pas la date de début du bail renouvelé.

Concrètement : si vous avez transmis votre avis avant le 1er janvier 2026 pour un bail qui débute le 1er juillet 2026, c'est l'ancien calcul qui s'applique, même si le bail commence en pleine ère post-réforme. Si vous avez attendu et envoyé l'avis le 5 janvier, c'est la nouvelle méthode.

Pourquoi c'est important : les deux méthodes ne donnent pas le même résultat. Pour certains immeubles avec beaucoup de travaux récents, l'ancienne méthode reste plus avantageuse cette année. Pour d'autres, où les coûts d'exploitation ont peu bougé mais l'inflation a été marquée, la nouvelle méthode favorise davantage le propriétaire.

Notre approche : pour chaque renouvellement de l'automne 2025 et de l'hiver 2026, on simule les deux scénarios avant de décider de la date d'envoi de l'avis. C'est exactement le genre d'analyse qu'un propriétaire qui gère lui-même son immeuble n'a pas le temps de faire — et qui peut représenter une différence de 200 à 800 $ par année par logement.

Exemple concret : un triplex à Limoilou en 2026

Prenons un cas représentatif. Triplex, secteur Limoilou, trois 4½ loués à 1 050 $, 1 050 $ et 1 100 $ pour un revenu mensuel total de 3 200 $.

Hypothèses pour 2026 par rapport à 2025 :

  • Taxes municipales et scolaires : passent de 6 800 $ à 7 100 $ (+4,4 %)
  • Assurances : passent de 2 100 $ à 2 300 $ (+9,5 %)
  • Travaux majeurs admissibles en 2025 : nouvelle toiture, 24 000 $

Calcul approximatif par logement :

  • Composante taux de base : 3,1 % × loyer = environ 32 à 34 $ par mois selon l'unité
  • Composante taxes (portion excédant l'IPC) : environ 3 à 5 $ par mois par logement
  • Composante assurances (portion excédant l'IPC) : environ 3 à 5 $ par mois par logement
  • Composante travaux (24 000 $ × 5 %/an ÷ 12 mois ÷ 3 logements) : environ 33 $ par mois par logement

L'augmentation totale justifiable se situe autour de 70 à 80 $ par mois par logement, soit une hausse réelle d'environ 7 %. Bien au-dessus du 3,1 % qu'un propriétaire mal informé aurait demandé en pensant que c'était le maximum.

Note importante : ces chiffres sont approximatifs et illustratifs. Pour un calcul officiel, utilisez l'outil du TAL en saisissant vos données exactes. Mais l'idée est de montrer que le 3,1 % n'est qu'un point de départ, pas une limite.

Les 3 erreurs qu'on voit le plus souvent en gestion

Erreur 1 : Demander une hausse "au marché" sans la justifier avec les 4 composantes

Le marché de Québec a vu les loyers grimper rapidement ces dernières années — la moyenne est passée de 1 121 $ en 2024 à 1 232 $ en 2025, une hausse de 6,7 %. Beaucoup de propriétaires veulent rattraper cet écart sur un locataire en place et envoient des hausses de 8 ou 10 % sans calcul détaillé. En 2026, avec des locataires beaucoup mieux informés et un TAL qui peut être saisi facilement, ce genre d'avis se fait refuser. La hausse doit reposer sur les composantes du règlement, pas sur ce que vaut le logement "au marché".

Erreur 2 : Sous-estimer les composantes "taxes" et "assurances"

L'inverse est aussi vrai. Beaucoup de propriétaires calculent seulement le 3,1 % et oublient que leurs taxes ou leurs assurances ont augmenté plus vite que l'inflation. Ils laissent de l'argent sur la table sans le savoir. La portion excédant l'IPC peut représenter 5 à 15 $ supplémentaires par mois par logement, ce qui n'est pas négligeable sur un cycle de 12 mois et sur plusieurs unités.

Erreur 3 : Manquer le délai d'envoi de l'avis

Pour un bail qui se termine le 30 juin, l'avis de modification doit être envoyé entre 3 et 6 mois avant l'échéance, donc entre le 1er janvier et le 31 mars. Avis envoyé le 1er avril ? Le bail est reconduit automatiquement aux mêmes conditions, peu importe que vos taxes aient bondi. On voit ce scénario chaque année sur des immeubles autogérés. Pour un parc de 6 ou 8 logements, c'est gérable. À partir de 15-20 logements, le suivi manuel devient un risque réel.

Et si le locataire refuse ?

Le locataire a toujours le droit de refuser une augmentation. Trois options s'offrent à lui : accepter, refuser et rester (ce qui force le propriétaire à saisir le TAL s'il veut maintenir la hausse), ou refuser et quitter.

Si le locataire refuse et reste, vous avez un mois à compter de sa réponse pour déposer une demande de fixation au TAL. Passé ce délai, le bail est reconduit aux conditions précédentes. C'est une fenêtre serrée — surtout quand on jongle avec plusieurs renouvellements en même temps.

Notre règle de décision : on saisit le TAL seulement si l'écart entre l'offre du propriétaire et la contre-offre du locataire est significatif (généralement plus de 25 $/mois) et qu'on a une documentation solide. Sinon, on négocie une hausse intermédiaire ou on accepte la position du locataire pour cette année et on revient à la charge l'année suivante avec un dossier mieux préparé. Un dossier perdu au TAL crée un précédent défavorable.

Le contexte 2026 à Québec change la stratégie

Une nuance importante avant de finaliser votre avis : le marché locatif de Québec reste tendu, mais pas uniformément. Le taux d'inoccupation global tourne autour de 1,5 %, mais à Charlesbourg, on est encore à 0,4 %, et certains nouveaux immeubles haut de gamme peinent à se louer.

Concrètement, ça veut dire qu'une hausse maximale légale n'est pas toujours la bonne stratégie. Dans un secteur à 0,4 % d'inoccupation avec un bon locataire en place qui paie depuis 5 ans sans problème, une hausse plus modérée que ce que le calcul permet peut être plus rentable à long terme que de risquer un départ et 6 semaines de vacance. Dans un secteur à 3 % avec un locataire problématique, c'est l'inverse — autant pousser la hausse au maximum.

C'est ce calcul qu'on fait pour chaque logement de notre parc. Et c'est exactement ce qui distingue une gestion par formule d'une gestion stratégique.

En résumé

La nouvelle méthode de calcul est une opportunité pour les propriétaires qui prennent le temps de bien la maîtriser. Quatre composantes au lieu de treize, c'est plus simple — mais ça ne veut pas dire qu'il suffit de calculer un 3,1 %. Les composantes taxes, assurances et travaux peuvent doubler ou tripler l'augmentation justifiable selon votre immeuble.

Les erreurs coûteuses ne sont pas dans le calcul lui-même, qui est mécanique. Elles sont dans le moment d'envoi de l'avis, dans l'oubli de composantes, dans les délais ratés et dans la décision stratégique d'augmenter au maximum ou non en fonction du secteur et du locataire.

Chez Pro Actif, chaque avis de renouvellement passe par une simulation des deux méthodes (ancienne et nouvelle) avant la décision de la date d'envoi, et par une analyse secteur par secteur pour calibrer la hausse à la réalité du marché local. C'est cette approche qui permet à nos propriétaires d'optimiser leurs revenus locatifs sans créer de friction inutile avec leurs locataires.

Si vous avez des questions sur l'application de la nouvelle méthode à votre immeuble, ou si vous souhaitez qu'on s'occupe de vos renouvellements pour 2027, notre équipe est disponible pour en discuter.

Conclusion

La nouvelle méthode TAL 2026 favorise les propriétaires structurés et préparés. C'est là qu'une gestion proactive fait toute la différence.

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