Introduction
La Loi 31 a changé les règles de la cession de bail au Québec. Voici comment un propriétaire peut désormais refuser une cession, quels sont les délais à respecter, et ce que ça implique concrètement.
La cession de bail a changé en profondeur en 2024
Si un locataire vous a déjà présenté une demande de cession de bail, vous savez à quel point la situation pouvait être frustrante avant 2024 : le propriétaire ne pouvait refuser que pour un « motif sérieux », et le TAL pouvait forcer la cession même contre votre volonté. La Loi 31, adoptée le 21 février 2024, a changé cet équilibre de façon significative. Voici ce que ça signifie concrètement pour vous comme propriétaire à Québec.
Qu'est-ce qui a vraiment changé ?
Avant la réforme, refuser une cession sans motif sérieux (mauvais dossier de crédit du cessionnaire, antécédents de non-paiement, etc.) exposait le propriétaire à une contestation au TAL, souvent gagnée par le locataire. Depuis la Loi 31, vous pouvez désormais refuser une cession de bail sans avoir à justifier votre refus.
Le compromis : si vous refusez, le bail du locataire actuel prend automatiquement fin à la date de cession qu'il avait proposée, et il est libéré de ses obligations sans pénalité. Autrement dit, vous reprenez le contrôle du logement, mais vous perdez ce locataire de façon certaine.
Pourquoi un propriétaire voudrait-il refuser une cession ?
La raison la plus fréquente : un loyer sous le prix du marché. Si votre locataire actuel paie nettement moins cher que ce que vous pourriez obtenir aujourd'hui, accepter une cession signifie transférer ce même loyer au nouveau locataire, aux mêmes conditions. En refusant, le logement se libère et vous pouvez le relouer au prix du marché.
À garder en tête : si le nouveau locataire potentiel avait déjà signé quelque chose ou consulté la Section G d'un bail similaire pour vérifier l'historique de loyer, une contestation reste possible dans certains cas précis. Mieux vaut valider votre situation avant de fixer un nouveau loyer trop élevé.
La procédure étape par étape
- Réception de la demande : le locataire doit vous aviser par écrit, avec le nom, les coordonnées et la date de cession proposée du nouveau locataire.
- Délai de réponse : vous avez 15 jours pour répondre par écrit. Pas de réponse dans ce délai = cession considérée comme acceptée automatiquement.
- Refus tardif : un refus envoyé après les 15 jours n'a aucun effet légal. La rigueur du délai est essentielle — notez la date de réception dès que l'avis arrive.
- Conséquence du refus : le bail se termine automatiquement à la date indiquée dans l'avis original du locataire, sans pénalité pour lui.
Ce qui n'a PAS changé
- La sous-location suit toujours les anciennes règles : un refus doit être motivé par un motif sérieux, contestable au TAL.
- La sous-location à profit demeure interdite — un locataire ne peut pas sous-louer plus cher que son propre loyer (sauf frais raisonnables liés au logement, comme les meubles).
- Si la cession a lieu (acceptation expresse ou silence de votre part), le nouveau locataire hérite du bail aux mêmes conditions, incluant le même loyer.
Erreurs à éviter comme propriétaire
- Manquer le délai de 15 jours. C'est l'erreur la plus coûteuse : un simple oubli équivaut à une acceptation automatique.
- Refuser verbalement seulement. Le refus doit être écrit pour être valide et pour se protéger en cas de litige.
- Confondre cession et sous-location. Les règles de refus sont très différentes entre les deux — vérifiez toujours de quel type de demande il s'agit avant de répondre.
La gestion de ces délais et communications fait partie de ce qu'on prend en charge pour nos clients propriétaires — voir notre page gestion locative pour en savoir plus.
Comment ça s'insère dans une stratégie de gestion globale
La Loi 31 s'ajoute à d'autres changements réglementaires récents, comme la nouvelle méthode de calcul des augmentations de loyer en 2026. Ensemble, ces règles redessinent la relation propriétaire-locataire au Québec, avec un meilleur équilibre pour les propriétaires qu'auparavant. Dans un marché locatif qui se rééquilibre, bien maîtriser ces outils légaux devient un vrai avantage compétitif.
En résumé
Depuis la Loi 31, vous n'êtes plus obligé d'accepter une cession de bail que vous jugez défavorable — mais le refus a un prix : la fin automatique du bail actuel. Le délai de 15 jours est strict et sans exception, alors traitez chaque demande de cession comme prioritaire dès sa réception.
Vous avez reçu une demande de cession et vous hésitez sur la marche à suivre ? Contactez-nous — on peut vous aider à évaluer la situation et à répondre dans les délais.
Conclusion
Depuis la Loi 31, vous pouvez refuser une cession sans motif — mais le locataire est alors libéré de son bail sans pénalité.
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